Extension du projet de sécurité alimentaire dans l’Est de Cuba
- Écrit par Daimy Peña Guillén
- Published in Holguín
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La collaboration internationale à Cuba franchit une étape importante dans son soutien à la souveraineté alimentaire de la nation. Le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef) ont entamé les préparatifs d’un projet ambitieux qui devrait bénéficier à des milliers de personnes dans les provinces de Holguín et Mayabeque.
Cette initiative, axée sur le renforcement des systèmes alimentaires locaux, vise à garantir la nutrition des secteurs les plus vulnérables de la population, dans un contexte de défis climatiques et économiques croissants.
La nouvelle étape de cet effort conjoint, qui s’étendra jusqu’en 2029, vise à atteindre plus de 26 000 personnes en situation de vulnérabilité. L’initiative se concentre sur un univers démographique qui comprend des écoliers des zones rurales en régime interne et semi-internat, des nourrissons qui fréquentent des crèches, des femmes enceintes, des mères allaitantes et des personnes âgées qui bénéficient des services de cantines communautaires et de maisons de retraite.
Ainsi, le projet couvre un large éventail du réseau de protection sociale cubain. Ce projet représente une continuité et une extension des résultats positifs obtenus dans la première phase du programme « Agir différemment », mis en œuvre entre 2021 et 2024 dans cinq municipalités de la région orientale.
Selon les informations du PAM, cette première expérience a permis d’augmenter les volumes d’aliments fournis par les formes productives locales aux réseaux de protection sociale, passant de 22,8 à plus de 310 tonnes métriques au cours de la dernière année d’exécution .
L’essence de cette nouvelle étape réside dans la consolidation d’un modèle de développement qui promeut des pratiques agricoles durables, augmente et diversifie la production locale, et relie directement les formes de production, telles que les coopératives et les petits agriculteurs, aux centres des réseaux de protection sociale. « Le projet a permis aux producteurs locaux de mieux s’adapter aux défis climatiques, de réduire les pertes et de garantir un approvisionnement alimentaire stable aux communautés, favorisant ainsi la sécurité alimentaire et la nutrition dans un environnement de plus en plus difficile », a déclaré Etienne Labande, représentant du PAM à Cuba.
L’engagement en faveur de la sécurité alimentaire va au-delà de la production primaire. Dans le cadre de ces projets, le PAM a encouragé un débat inclusif sur le rôle de tous les acteurs économiques sur l’île. Fin janvier 2026, un séminaire national consacré au renforcement de la sécurité alimentaire par la collaboration avec le secteur non étatique s’est tenu à La Havane.
Le rendez-vous, qui a compté sur la participation de 50 nouvelles formes de gestion, parmi lesquelles des petites et moyennes entreprises, des projets de développement local et des coopératives, a été qualifié par Labande comme un espace qui « a atteint un niveau supérieur à celui attendu », se consolidant comme point de départ pour de futures actions dans le pays.
Ce type de rencontres, parrainées par l’Institut national des acteurs économiques non étatiques et la Chambre de commerce de Cuba, vise à construire des alliances stratégiques qui permettent de rendre les systèmes alimentaires plus résilients face aux chocs climatiques et de renforcer les programmes de protection sociale .
La province de Holguín est devenue un scénario clé pour rendre visibles les résultats de cette coopération. Un exemple tangible est le projet « Gibara Verde x Ciento », supervisé récemment par des experts du PAM. La Coopérative de Crédits et Services Félix Rojas Lachera a constaté une augmentation notable de la production.
Selon les déclarations de Robert M. Leyva Martínez, spécialiste de la vulgarisation et de la formation agricoles de l’unité de production, grâce aux intrants matériels fournis, ils ont réussi à récolter dix tonnes de viande et environ quatre tonnes de légumes pour approvisionner les secteurs les plus vulnérables de la municipalité. « Malgré la pénurie de ressources dans le pays, il existe un soutien accru à ces institutions prioritaires, telles que les cantines du Système d’attention à la famille (SAF) et les semi-internats, avec la réglementation des prix et la variété des produits », a-t-il souligné.
Orlando Chaveco, moniteur du PAM à Holguín, a insisté sur le fait que la mission principale est de soutenir la sécurité alimentaire dans les situations d’urgence pour les plus vulnérables, en renforçant les capacités locales pour répondre au réseau de protection sociale. L’objectif, a-t-il souligné, est d’augmenter les rendements, la diversification et la gestion des risques dans le cadre du Programme municipal d’auto-approvisionnement alimentaire.
Le soutien à Cuba dans ce domaine ne se limite pas à une seule source de coopération. Parallèlement au projet avec l’Unicef, le PAM met en œuvre la deuxième phase du projet « Agir différemment » avec le soutien de l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA), qui se poursuivra jusqu’en 2029 et doublera le nombre de municipalités assistées dans la région orientale, atteignant des endroits comme Urbano Noris et Rafael Freyre à Holguín.
En outre, une initiative conjointe avec le gouvernement du Canada, également d’une durée allant jusqu’en 2029 et d’un montant de 12 millions de dollars canadiens, se concentrera sur les municipalités de Holguín (Moa, Mayarí et la capitale provinciale) et Mayabeque (San José de las Lajas, Bejucal et Santa Cruz del Norte) pour améliorer la nutrition des enfants et des femmes enceintes.
Avec plus de six décennies de collaboration ininterrompue dans la plus grande des Antilles, depuis sa première assistance aux victimes de l’ouragan Flora en 1963, le PAM réaffirme son engagement en faveur du progrès et de la résilience de la nation.
Ces initiatives, alignées sur la loi cubaine sur la souveraineté alimentaire et la sécurité alimentaire et nutritionnelle, non seulement encouragent des solutions concrètes pour améliorer l’alimentation dans les communautés vulnérables, mais tissent également un réseau de coopération qui mise sur des systèmes alimentaires plus durables, résilients et équitables, où le producteur local et la science se donnent la main pour garantir le droit à l’alimentation de tous.
